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		<title>Lignes de fracture</title>
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		<dc:subject>Est-tu normal&#183;e ?</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>

		<description>Il y a une dizaine d'ann&#233;es, dans les milieux o&#249; j'&#233;voluais, la perspective la plus r&#233;jouissante pour une f&#233;ministe &#233;tait de se dire universaliste. &#199;a permettait d'&#233;chapper &#224; la naturalisation des femmes et de reconqu&#233;rir un peu d'humanit&#233;. Mais que faire de notre exp&#233;rience propre, et du fait que nous seules &#233;tions oblig&#233;es de nous poser ces questions de genre qui &#233;taient un luxe pour nos camarades masculins ? J'ai d&#233;couvert en guise de r&#233;ponse la non-mixit&#233;, (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot19.html" rel="tag"&gt;Est-tu normal&#183;e ?&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot20.html" rel="tag"&gt;Genres en d&#233;construction&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a une dizaine d'ann&#233;es, dans les milieux o&#249; j'&#233;voluais, la perspective la plus r&#233;jouissante pour une f&#233;ministe &#233;tait de se dire universaliste. &#199;a permettait d'&#233;chapper &#224; la naturalisation des femmes et de reconqu&#233;rir un peu d'humanit&#233;. Mais que faire de notre exp&#233;rience propre, et du fait que nous seules &#233;tions oblig&#233;es de nous poser ces questions de genre qui &#233;taient un luxe pour nos camarades masculins ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert en guise de r&#233;ponse la non-mixit&#233;, &#224; travers des structures ou des moments, et avec elle aussi bien l'utilit&#233; de mettre notre exp&#233;rience au centre de la r&#233;flexion qu'une certaine joie, celle de pouvoir se l&#226;cher un peu, de ne pas rester aux aguets, attentive comme on l'est dans la compagnie des hommes &#224; la moindre manifestation sexiste. Je comprends, j'encourage la reconnaissance d'exp&#233;riences de vie sp&#233;cifiques, la construction dans un cadre exclusif d'une parole sur cette exp&#233;rience et la prise &#224; partie sur ces bases-l&#224; du reste du monde.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;cemment je me suis retrouv&#233;e du c&#244;t&#233; du reste du monde, qu'on appelle aussi le c&#244;t&#233; du manche. Blanche, je jouis de certaines pr&#233;rogatives comme celle que ma couleur de peau ne soit pas une source de questionnements, ni pour moi ni pour les autres. Cissexuelle (m&#234;me si, comme beaucoup de femmes grandes et/ou aux cheveux courts et/ou qui choisissent des v&#234;tements chauds, pas des v&#234;tements &#224; usage d&#233;coratif, je suis un peu d&#233;genr&#233;e et pas tout &#224; fait cisgenre, risquant de me faire appeler &#171; monsieur &#187; une fois par an ou donner des conseils vestimentaires par des copines bien intentionn&#233;es), j'&#233;chappe &#224; d'autres questions, qui m'ont &#233;t&#233; abondamment d&#233;crites r&#233;cemment, au cours d'une rencontre tr&#232;s riche visant &#224; interroger ce &#171; privil&#232;ge cissexuel &#187;. Apr&#232;s l'intervention des femmes trans qui avaient organis&#233; la soir&#233;e, et qui nous proposaient une pr&#233;sentation o&#249; se m&#234;laient, se nourrissant les uns les autres, des &#233;l&#233;ments th&#233;oriques et concrets, une fois venu le moment de la discussion il n'y avait plus grand-chose &#224; discuter. La seule perspective possible &#233;tait de travailler sur nous-m&#234;mes (mieux : d'avoir travaill&#233; sur nous-m&#234;mes) pour ne pas nous arr&#234;ter &#224; la question de la conformit&#233; du sexe biologique, des caract&#232;res sexuels secondaires (ceux qui sont imm&#233;diatement visibles, comme la taille ou la pilosit&#233;) et de l'identit&#233; de genre, et garder en t&#234;te, pour bien s'en garder, tout ce qui peut constituer un acte de domination vis-&#224;-vis des personnes trans. Au boulot ! Et c'est pas compliqu&#233; de nous d&#233;construire, nous qui n'avons d&#233;j&#224; plus aucun st&#233;r&#233;otype sexiste en t&#234;te...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous marchions sur des &#339;ufs, craignant de faire mal, d&#233;sireux/ses de bien profiter d'une le&#231;on, car c'en &#233;tait une, que beaucoup de personnes avaient refus&#233; de venir entendre, en ne participant pas &#224; la rencontre, un fait abondamment comment&#233;. Nous &#233;tions l&#224;, tout reposait sur nous, public de bonne volont&#233; (apparemment &#224; peu pr&#232;s) cissexuel face &#224; trois intervenantes trans. D'autres privil&#232;ges ont &#233;t&#233; abord&#233;s par la bande, celui de la classe socio-culturelle (qui offre des avantages de type &#233;conomique, mais pas seulement), celui de la &#171; race &#187; entendue non comme une r&#233;alit&#233; biologique mais comme une caract&#233;ristique impos&#233;e &#224; certains groupes humains par la norme blanche europ&#233;enne. Mais il en manquait certains, qui m'int&#233;ressent d'autant plus que j'en suis priv&#233;e :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.gendertrouble.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mes copines peuvent &#224; tout moment me dire que je devrais faire un r&#233;gime et les personnes malveillantes me traiter de grosse vache. J'en d&#233;duis que je fais partie de la cat&#233;gorie des grosses, plus facilement stigmatis&#233;es encore que les gros, et qui trouvent difficilement des fringues &#224; leur taille.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.gendertrouble.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Je ne baise pas (c'est moins une posture politique qu'une incapacit&#233; &#224; s&#233;duire et &#224; &#234;tre s&#233;duite, que je ne vais pas consid&#233;rer comme une cons&#233;quence du point pr&#233;c&#233;dent, m&#234;me si quand on est grosse l'obligation d'&#234;tre enjou&#233;e et souriante se fait plus particuli&#232;rement sentir), et j'&#233;prouve la m&#234;me g&#234;ne &#224; cet &#233;gard que l'une des intervenantes qui a fait l'allusion rapide &#224; un milieu LGBT o&#249; baiser beaucoup et en parler tout autant est une norme qui finit par &#234;tre excluante.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.gendertrouble.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Et je fais partie d'une autre cat&#233;gorie honteuse, ce qui constitue un secret que je partage avec quelques ami-e-s... et avec les inconnu-e-s &#224; qui je dois montrer certains papiers dans le cadre de leur boulot.&lt;br&gt;
Rien ici d'anecdotique : des groupes de personnes concern&#233;es par ces difficult&#233;s se r&#233;unissent, forment des associations et mod&#232;lent un vocabulaire pour en parler, cr&#233;ant par exemple la notion de &lt;i&gt;gordofobia&lt;/i&gt;, d&#233;couverte au Queeruption de Barcelone.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Certes tout n'est pas &#224; mettre sur le m&#234;me plan, puisque certaines des oppressions sont l&#233;gitim&#233;es par l'&#201;tat, qui peut se permettre de maltraiter dans une indiff&#233;rence quasi-g&#233;n&#233;rale des personnes qui ressortent de certaines cat&#233;gories ou ont des besoins sp&#233;cifiques qui ne sont pas entendus, tandis que d'autres pourrissent un peu la vie, mais sont relay&#233;es par notre entourage le plus imm&#233;diat, inconscient des sch&#233;mas qu'il relaie. Faut-il prioriser l'attention qui sera donn&#233;e &#224; certaines de ces oppressions ? Selon quels crit&#232;res ? Que fait-on de tout &#231;a, de ces axes qui se croisent, dessinant une carte des oppressions o&#249; chacun-e est &#171; quelque part &#187; l'oppresseur d'un-e autre ? Peut-on multiplier &#224; l'envi les cat&#233;gories de l'oppression, d'apr&#232;s les besoins qui sont exprim&#233;s par les personnes concern&#233;es, quitte &#224; redevenir des atomes qui parlent chacun-e depuis une cat&#233;gorie, masculine cisgenre racis&#233;e classe moyenne gaie valide, ou f&#233;minine transgenre mais cissexuelle lesbienne blanche ch&#244;meuse handi sans capital &#233;conomique mais avec un capital culturel, et la liste n'est pas close ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette r&#233;flexion ne risque-t-elle pas de se perdre dans les cogitations et le maniement de pincettes d'une &#233;lite politique ultra-conscientis&#233;e, qui se coupe un bras chaque fois qu'elle avance un peu plus sur cette voie ? Ailleurs (et faut-il rappeler qu'ailleurs est vaste ?) c'est le plus souvent &#171; chacun-e sa merde &#187;, dans un esprit lib&#233;ral universaliste actuel o&#249; nous nous voyons garanti-e-s en droit une pseudo-&#233;galit&#233;. Comment s'attaquer &#224; &#231;a ? Comment remonter d'un cran la cible de nos attaques, &#224; travers une r&#233;flexion plus g&#233;n&#233;rale sur les normes (les normes identitaires et les normes des relations entre nous) et la mani&#232;re dont nous nous en faisons le relais, actif ou passif... sans pour autant nier la sp&#233;cificit&#233; de l'exp&#233;rience et de la r&#233;flexion de groupes minoris&#233;s sur le caract&#232;re tangible, intrusif et violent de certaines de ces normes ? Un exemple pour illustrer ce retour (en toute m&#233;fiance) &#224; un peu d'universel : non, m&#234;me avant cette pr&#233;sentation je n'avais pas pour habitude de poser des questions intrusives aux personnes trans. Pas par super conscience politique, mais parce que ma maman et mon papa m'ont appris &#224; avoir pour les autres ces &#233;gards qu'illes appellent tout b&#234;tement de la politesse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#192; la &#171; bo&#238;te de baise &#187;, non, c'est non</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article192.html</link>
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		<dc:creator>Aude</dc:creator>


		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>

		<description>Du temps de ma folle jeunesse, j'ai fr&#233;quent&#233; une ou deux fois ce qu'on pourrait appeler une &#171; bo&#238;te de baise &#187;, un endroit r&#233;serv&#233; aux gays, aux lesbiennes, aux bi, aux h&#233;t&#233;ros (ainsi qu'aux femmes &#224; queue et &#224; ceusses qui aiment se faire mettre par elles), bref un endroit d'une grande libert&#233; o&#249; r&#233;gnaient cependant (justement ?) quelques r&#232;gles. La premi&#232;re &#233;tant qu'il &#233;tait interdit de passer outre le refus de l'objet de ses d&#233;sirs. Le moindre geste (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot21.html" rel="tag"&gt;Oppression des femmes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du temps de ma folle jeunesse, j'ai fr&#233;quent&#233; une ou deux fois ce qu'on pourrait appeler une &#171; bo&#238;te de baise &#187;, un endroit r&#233;serv&#233; aux gays, aux lesbiennes, aux bi, aux h&#233;t&#233;ros (ainsi qu'aux femmes &#224; queue et &#224; ceusses qui aiment se faire mettre par elles), bref un endroit d'une grande libert&#233; o&#249; r&#233;gnaient cependant (justement ?) quelques r&#232;gles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tant qu'il &#233;tait interdit de passer outre le refus de l'objet de ses d&#233;sirs. Le moindre geste de refus, la moindre esquisse de geste de refus, un mouvement subtil de la main que j'aurais eu du mal &#224; remarquer sans mes lunettes, &#233;tait compris comme un &#171; non &#187; ferme. Deux doigts qui se l&#232;vent de trois centim&#232;tres, et le verdict &#233;tait in&#233;branlable.&lt;br&gt;
Quelle diff&#233;rence avec l'&#233;nergie qu'il faut mobiliser, dans des lieux pourtant au-dessus de tout soup&#231;on, pour expliquer &#224; un dragueur que non, ce n'est pas parce que je suis dans la rue que je suis une pute gratuite qui peut &#234;tre sollicit&#233;e au gr&#233; des d&#233;sirs de monsieur [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='J'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; ici et ici aussi &#224; quel point ce genre de (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], pour expliquer que je suis venue boire un coup avec des copines et que j'ai bien l'intention de passer la soir&#233;e avec elles et pas dans les chiottes du bistrot &#224; sucer des bites.&lt;br&gt;
Quand on me parle du violent torrent du d&#233;sir masculin, quand on me dit qu'il est quasi-inhumain d'arr&#234;ter la machine une fois enclench&#233;e, quand on me parle de n&#233;cessit&#233;s biologiques qui emp&#234;chent d'&#234;tre v&#233;ritablement &#224; l'&#233;coute de l'autre (&#171; ah tu disais non ? J'ai pas compris, c'est pas un viol c'est un souci de communication &#187;), j'ai du mal &#224; croire &#224; la naturalit&#233; ou &#224; l'universalit&#233; de ce genre de comportement [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Sur cette imagerie du non &#171; mal compris &#187;, voir ici.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Parce que quand les r&#232;gles du jeu sont claires, quand tu risques de te faire lourder du &#171; jardin d'Eden de la baise &#187; au moindre geste d&#233;plac&#233;, bizarrement tu piges bien mieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] J'ai d&#233;j&#224; expliqu&#233; &lt;a href=&quot;http://www.gendertrouble.org/article191.html&quot; class='spip_in'&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.gendertrouble.org/article177.html&quot; class='spip_in'&gt;ici aussi&lt;/a&gt; &#224; quel point ce genre de comportement me d&#233;bectait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Sur cette imagerie du non &#171; mal compris &#187;, voir &lt;a href=&quot;http://www.gendertrouble.org/article188.html&quot; class='spip_in'&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est toujours &quot;oui&quot; !</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article191.html</link>
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		<dc:date>2011-04-25T09:21:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude</dc:creator>


		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Prostitution</dc:subject>

		<description>Bonjour mademoiselle (voix de s&#233;ducteur autoproclam&#233;), est-ce que vous me permettez de... Mais bien s&#251;r que oui, je vous permets tout ! Je suis mise &#224; votre disposition par la mairie de Lille, je reste ici dans la rue jour et nuit, sauf une semaine par mois o&#249; on m'envoie en r&#233;vision. Pouet pouet sur le sein droit, et je fais la maman-assistante sociale-SOS Amiti&#233;, vous pouvez me raconter tous vos petits bobos. Pouet pouet sur le sein gauche, et je fais la pute, videz vos couilles (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot32.html" rel="tag"&gt;Prostitution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.gendertrouble.org/squelettes-dist/puce.gif&quot; width=&quot;8&quot; height=&quot;11&quot; class=&quot;puce&quot; alt=&quot;-&quot; /&gt; Bonjour mademoiselle (voix de s&#233;ducteur autoproclam&#233;), est-ce que vous me permettez de...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.gendertrouble.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Mais bien s&#251;r que oui, je vous permets tout ! Je suis mise &#224; votre disposition par la mairie de Lille [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='L'allusion &#224; Lille est fortuite et n'a rien, mais vraiment rien (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;], je reste ici dans la rue jour et nuit, sauf une semaine par mois o&#249; on m'envoie en r&#233;vision. Pouet pouet sur le sein droit, et je fais la maman-assistante sociale-SOS Amiti&#233;, vous pouvez me raconter tous vos petits bobos. Pouet pouet sur le sein gauche, et je fais la pute, videz vos couilles dans l'orifice chaud et humide de votre choix (vous les hommes n'avez pas d'orifice chaud et humide, pas de bouche, pas d'anus, nous les femmes sommes d&#233;finitivement sup&#233;rieures !). La barre chocolat&#233;e est offerte en sus. Ce service est disponible sur pr&#233;sentation d'une paire de couilles. Une seule couille suffit, d'ailleurs. Bient&#244;t, d&#233;localisation &#224; votre domicile, et ouverture d'une troisi&#232;me option : nettoyer la merde. Pardon, &#231;a existe d&#233;j&#224; et c'est bel et bien subventionn&#233; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Lisez et faites lire Du balai. Essai sur le m&#233;nage &#224; domicile et le retour (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]. Vous partez d&#233;j&#224; ? Au revoir et &#224; bient&#244;t sur nos lignes !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] L'allusion &#224; Lille est fortuite et n'a rien, mais vraiment rien &#224; voir avec la proposition d'une soci&#233;t&#233; du &lt;i&gt;care&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] Lisez et faites lire &lt;a href=&quot;http://www.homme-moderne.org/raisonsdagir-editions/catalog/devetter/balai.html&quot; class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Du balai. Essai sur le m&#233;nage &#224; domicile et le retour de la domesticit&#233;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, de Sandrine Rousseau et Fran&#231;ois-Xavier Devetter (Raisons d'agir, 2011).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Je ne veux pas &#234;tre soign&#233;e.</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article186.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gendertrouble.org/article186.html</guid>
		<dc:date>2011-01-25T03:55:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John d'Arc</dc:creator>


		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Psycho-trucs</dc:subject>

		<description>Alors comme &#231;a, vous voulez me la soigner ma bite mentale ? Mais moi je l'aime ma maladie, ma tumeur c&#233;r&#233;brale. Elle m'a rendu la vie. Castratrice ? Ben fallait pas &#233;taler ses couilles sur la table&#8230; J'avais m&#234;me pas eu le temps de m'asseoir, vous ne connaissiez m&#234;me pas mon nom. Une question, une intrusion, une agression : t'es f&#233;ministe ? Putain c'est quoi, un examen d'entr&#233;e pour avoir l'insigne honneur d'&#234;tre le commensal des (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot24.html" rel="tag"&gt;Psycho-trucs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors comme &#231;a, vous voulez me la soigner ma bite mentale ? Mais moi je l'aime ma maladie, ma tumeur c&#233;r&#233;brale. Elle m'a rendu la vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Castratrice ? Ben fallait pas &#233;taler ses couilles sur la table&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'avais m&#234;me pas eu le temps de m'asseoir, vous ne connaissiez m&#234;me pas mon nom. Une question, une intrusion, une agression : t'es f&#233;ministe ? Putain c'est quoi, un examen d'entr&#233;e pour avoir l'insigne honneur d'&#234;tre le commensal des couillus ? Vous voyez la femme avant la personne, l'hymen avant l'humaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais non vous n'&#234;tes pas machos, c'est moi qui suit hyst&#233;rique, qui n'ai pas d'humour. Vous diriez quoi si huit Blancs enchainaient deux heures de blagues racistes en pr&#233;sence d&#8216;un Noir ? Qu'il n'a pas d'humour ? Mon cul. Vous dites &#171; maitrise-toi &#187;, vous pensez &#171; m&#233;prise-toi &#187;. Alors je serre les dents, je fais semblant. Je ris apparemment &#224; vos conneries, je ris int&#233;rieurement de votre l&#226;chet&#233; collective. Je rentre dans ma peau de femme pendant trente seconde, cette saloperie d'enveloppe trop &#233;triqu&#233;e. Mais c'est pour mieux la faire &#233;clater, ouvrir ma gueule juste apr&#232;s, soutenir le regard jusqu&#8216;&#224; en crever. Bref, &#234;tre un homme. Essentialisme strat&#233;gique. Ben oui, j'ai tent&#233; la troisi&#232;me voie, mais &#231;a vous a tellement fait perdre pied&#8230; Je vous ai vu vous agripper &#224; votre veulerie gr&#233;gaire, j'ai eu piti&#233;. Et mal. &#171; Et si on lui renversait de la bi&#232;re sur son t-shirt ? &#187;. &#171; Vous nous cassez les couilles avec votre obsession pour l'&#233;galit&#233; dans la grammaire &#187;. &#171; Sale lesbienne &#187;. Je voudrais pas fissurer les cloisons de vos petites boites, celles dans lesquelles vous rangez les gens parce que les parois de votre prison mentale vous rassurent. Alors vous transf&#233;rez le proc&#233;d&#233; sur les autres, faut pas qu'ils sortent de leur boite : &#231;a risquerait de bousculer les limites, de faire basculer les &#233;lites, de faire trembler vos murs, votre armure. Bien, j'ai compris, pas d'ouverture des fronti&#232;res. Juste des migrations pendulaires entre les deux p&#244;les de votre monde binaire. Mais c'est toujours la m&#234;me chanson, le charter, retour &#224; l'envoyeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Me jeter ma f&#233;minit&#233; &#224; la gueule comme &#231;a, celle-l&#224; m&#234;me qui m'a vol&#233; mon enfance, qui m'a pill&#233; mon adolescence, qui m'a emmur&#233;e dans le silence. Ma f&#233;minit&#233;. Je sais m&#234;me pas ce qu'elle est, je sais juste qu'elle m'a vol&#233; mon humanit&#233;. Oblig&#233;e de se justifier du corps dans lequel je suis n&#233;e. On me reproche de ne pas l'assumer, cette fameuse f&#233;minit&#233;. Mais je comprends pas, je croyais que c'&#233;tait ses responsabilit&#233;s qu'on assumait. Pourquoi &#231;a devient ridicule, quand le m&#234;me mot est suivi de &#171; masculinit&#233; &#187; ou de &#171; virilit&#233; &#187; ? Serait-je donc responsable de cette paire de chromosomes X ? Pire, je suis coupable. La culpabilit&#233; et son corollaire, la honte, rampantes, envahissantes, invalidantes. Arriver &#224; nous coller cette culpabilit&#233; poisseuse et acide &#224; la peau d'un corps dont on est pas responsable, &#231;a c'est un syst&#232;me d'oppression efficace ! Distorsion du naturel au service du culturel, logique confuse, violence diffuse. J'ai juste envie de dire bravo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et l&#224; tu me sors que c'est vous qui &#234;tes les victimes. Je r&#233;ponds que oui, le syst&#232;me est aussi ali&#233;nant pour les hommes. Injonction de courage, de force, de r&#233;ussite et de grosse bite. Tu vacilles. Je viens de saccager la cage minuscule dans laquelle vous essayez de me faire rentrer depuis que je suis arriv&#233;e. Tu vacilles. Tu te raccroches &#224; un autre pr&#233;jug&#233;, nouveau proc&#232;s d&#8216;intentions. Verdict de suppositions. Me traites de r&#233;volutionnaire de salon. Vous me poussez dans mes retranchements, attendant la chute comme deux vautours affam&#233;s. Le poison dans mes veines devient venin dans ma bouche. Je crache, &#231;a sort tout seul. &#171; La r&#233;volutionnaire de salon elle a pass&#233; plusieurs mois &#224; la rue quand elle avait quinze ans &#187;. J'ai frapp&#233; fort. Trop fort. Mais je sais pas les utiliser gentiment les mots, chez moi, ils ont toujours servi &#224; la m&#234;me chose que les poings. Je demande pardon, tu tournes en d&#233;rision.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De la mauvaise graine qui pousse trop vite, sans tuteur et sans racines, &#231;a devient de la mauvaise herbe. C'est moche la mauvaise herbe, mais on s'en d&#233;barrasse pas comme &#231;a. Ca finit toujours par repousser. Salope.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Violence symbolique, violence physique. Violence phallique. Mais non, c'est moi qui suis hyst&#233;rique. Le sexisme n'existe plus, je suis soumise parce que c'est dans mes g&#232;nes. On va quand m&#234;me pas les forcer &#224; refr&#233;ner leur propension cong&#233;nitale &#224; la superficialit&#233;, &#224; la docilit&#233; et &#224; la servitude, tous ces rebuts du patriarcat ! Mais ce soir, vous venez d'incarner exactement ce que vous pr&#233;tendez ne plus exister, de donner vie &#224; votre propre d&#233;ni. M'obliger &#224; me justifier du prisme au travers duquel vous me percevez. Mais pas moyen de me la faire endosser cette f&#233;minit&#233;. Cette fois, c'est moi qui vous ai bais&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mauvaise graine, gangr&#232;ne, tu g&#234;nes. C'est bon signe, &#231;a veut dire que je vis. Je ne veux pas &#234;tre soign&#233;e, je vis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre morte, lettres de vie. </title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article190.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gendertrouble.org/article190.html</guid>
		<dc:date>2011-01-25T03:49:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John d'Arc</dc:creator>


		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Psycho-trucs</dc:subject>

		<description>Une lettre. Qui ne parviendra probablement jamais &#224; son destinataire. Mais qu'importe, cette lettre peut bien rester morte tant qu'elle me permet &#224; moi de ne plus l'&#234;tre. J'ai donc d&#233;cid&#233; de m'adresser &#224; toi sur le mode &#233;pistolaire, &#224; la deuxi&#232;me personne. Quoi de plus normal, apr&#232;s tout. Apr&#232;s tout, apr&#232;s tout &#231;a, plus rien n'est normal. Ou plut&#244;t si. Je le suis devenue. Car le &#171; je &#187; et le &#171; tu &#187; ont fusionn&#233; pour donner naissance au &#171; nous &#187;, &#224; un &#171; (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot24.html" rel="tag"&gt;Psycho-trucs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une lettre. Qui ne parviendra probablement jamais &#224; son destinataire. Mais qu'importe, cette lettre peut bien rester morte tant qu'elle me permet &#224; moi de ne plus l'&#234;tre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai donc d&#233;cid&#233; de m'adresser &#224; toi sur le mode &#233;pistolaire, &#224; la deuxi&#232;me personne. Quoi de plus normal, apr&#232;s tout. Apr&#232;s tout, apr&#232;s tout &#231;a, plus rien n'est normal. Ou plut&#244;t si. Je le suis devenue. Car le &#171; je &#187; et le &#171; tu &#187; ont fusionn&#233; pour donner naissance au &#171; nous &#187;, &#224; un &#171; nous &#187; norm&#233;, normalis&#233;, et le &#171; je &#187; s'est &#233;gar&#233; en chemin. Je dois t'externaliser, m'exorciser de toi, lib&#233;rer mon moi du toi qui le vampirise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Toi, qui ne m'as fait go&#251;ter au bonheur que pour me faire ensuite vomir le mensonge et l'abandon, &#233;c&#339;ur&#233;e, &#233;ventr&#233;e d'illusions, de r&#234;ves trop cons. Je voudrais pouvoir t'accuser d'avoir fait de moi cette pauvre chose &#224; la d&#233;rive, recroquevill&#233;e sur sa douleur, mais au fond, je sais bien que je suis autant victime que coupable. Je t'ai laiss&#233; t'infiltrer en moi, j'ai bu tes paroles et me suis enivr&#233;e de tes caresses, j'ai absorb&#233; tes confidences et entrelac&#233; tes souffrances aux miennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et me voil&#224; &#171; nous &#187;. Mais &#171; nous &#187; a &#233;t&#233; fractur&#233;, bris&#233; par le &#171; tu &#187; qui s'obstinait &#224; penser et agir en &#171; je &#187;, comme si tout cela n'&#233;tait qu'un jeu. Ton regard est devenu ma boussole, ton &#233;treinte ma camisole. Doucement, insidieusement, &#224; coups de &#171; pardonne-moi &#187; et de &#171; je t'aime &#187; mortif&#232;res, &#171; tu &#187; m'isoles, &#171; je &#187; s'&#233;tiole&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Nous &#187; n'est devenu plus qu'une incarnation de tous les &#171; ils &#187; et &#171; elles &#187; qui ne s'encha&#238;nent que pour s'entre-d&#233;chirer. Des valets de la norme, bourreaux et martyrs &#224; la fois. &#171; Je &#187; s'est mu&#233; en une &#171; elle &#187; parmi tant d'autres, de celles qui se laissent couper les ailes en &#233;changes de quelques miettes d'affection. Une poule.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non. Jamais. Je suis un vilain petit canard et personne ne peut me mettre en cage. Pas m&#234;me toi de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et &#171; je &#187; regarde mon crayon, seringue par laquelle s'est extrait le poison avant de se r&#233;pandre en lettres serr&#233;es sur le papier. &#171; Tu &#187; t'es d&#233;vers&#233; hors de moi, enduisant d'encre les pages de ce carnet qui fut tiens, d&#233;sormais emmur&#233; dans mes mots.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre ouverte &#224; Causette</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article188.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gendertrouble.org/article188.html</guid>
		<dc:date>2010-11-25T02:34:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude</dc:creator>


		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>

		<description>Ch&#232;re Causette, Il est un st&#233;r&#233;otype qui a la vie dure : quand une femme dit non, &#231;a veut dire oui. Que l'on force un peu, et Ingrid Bergman finira par enlacer celui que dans un premier temps elle repoussait. Et si &#224; une case l'h&#233;ro&#239;ne p&#233;n&#233;tr&#233;e virilement hurle non, pass&#233;e la goutti&#232;re elle g&#233;mira de plaisir... Partout, au cin&#233;ma comme en litt&#233;rature et dans la bande dessin&#233;e, on voit le d&#233;sir des femmes ni&#233; : elles ne savent pas ce qu'elles veulent, nous les hommes (qui (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ch&#232;re Causette,&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est un st&#233;r&#233;otype qui a la vie dure : quand une femme dit non, &#231;a veut
dire oui. Que l'on force un peu, et Ingrid Bergman finira par enlacer
celui que dans un premier temps elle repoussait. Et si &#224; une case l'h&#233;ro&#239;ne
p&#233;n&#233;tr&#233;e virilement hurle non, pass&#233;e la goutti&#232;re elle g&#233;mira de
plaisir... Partout, au cin&#233;ma comme en litt&#233;rature et dans la bande
dessin&#233;e, on voit le d&#233;sir des femmes ni&#233; : elles ne savent pas ce
qu'elles veulent, nous les hommes (qui dessinons, filmons, &#233;crivons)
sommes bien mieux plac&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai retrouv&#233; ce clich&#233; dans la bande-annonce de &lt;i&gt;Mourir ? Plut&#244;t crever !&lt;/i&gt;,
sous la forme d'un dessin de Sin&#233;. Une femme pourchass&#233;e par un homme
libidineux crie un &#233;norme &quot;Non !&quot;. Zoom sur la bulle, et on lit des
lettres n-o-n dessin&#233;es... avec de petits oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Moi qui suis une f&#233;ministe triste (les f&#233;ministes sont bien entendu les
femmes les moins dr&#244;les de mon entourage, si vous saviez comme on
s'ennuie, c'est d'ailleurs la seule raison pour laquelle on prend le temps
d'intervenir dans l'espace public), ce genre de blague pourrait me faire
sourire si je vivais dans un monde o&#249; les hommes ne nient jamais le d&#233;sir
des femmes, si j'&#233;tais s&#251;re que ce genre de repr&#233;sentation ne nourrit pas
un imaginaire masculin de la disponibilit&#233; sexuelle des femmes, si je n'y
lisais pas un appel au viol...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que ce film soit marrain&#233; par &lt;i&gt;Causette&lt;/i&gt;, je consid&#232;re &#231;a comme une
trahison. A quoi bon ce partenariat ? Une Isabelle Alonso peut bien &#233;crire
dans l'hebdo du patriarche &quot;h&#233;doniste&quot; responsable de cette
d&#233;gueulasserie, et esp&#233;rer y bousculer les certitudes d'un lectorat plut&#244;t
masculin et qu'il faudra prendre au d&#233;fi de son ouverture d'esprit et de
son &#233;galitarisme. Mais qu'est-ce qu'un magazine d'influence f&#233;ministe peut
avoir &#224; y gagner ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai achet&#233; &#233;pisodiquement&lt;i&gt; Sin&#233; Hebdo&lt;/i&gt;, jusqu'&#224; ce que j'y trouve un appel
&#224; s'abonner et &#224; abonner &quot;sa femme et sa ma&#238;tresse&quot;. N'&#233;tant pas un
homme h&#233;t&#233;rosexuel, je ne me suis bizarrement pas sentie concern&#233;e, et
apparemment nous &#233;tions une majorit&#233; puisque ce journal a fini par &quot;plut&#244;t
crever&quot;. Vais-je continuer &#224; acheter &#233;pisodiquement &lt;i&gt;Causette&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cordialement,&lt;br&gt;
Aude.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Parce que j'en ai marre, voil&#224; !</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article185.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.gendertrouble.org/article185.html</guid>
		<dc:date>2010-10-09T09:59:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Souvent</dc:creator>


		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Genres en d&#233;construction</dc:subject>
		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Psycho-trucs</dc:subject>

		<description>Marre de marre, envie de pousser un gros coup de gueule ! Par o&#249; commencer ? Peut-&#234;tre par l'excellent ouvrage d'Irene Zeilinger, Non c'est non sur l'autod&#233;fense f&#233;minine... Je l'ai lu en ligne tout cet &#233;t&#233;, petit bout par petit bout, &#233;veillant ma conscience de f&#233;ministe aigu&#235;, qui avait toujours &#233;t&#233; l&#224;, en moi. Ce bouquin est r&#233;ellement &#233;difiant, et m'a permis de prendre conscience de tout un tas de choses que je soup&#231;onnais plus ou moins clairement. Il (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot20.html" rel="tag"&gt;Genres en d&#233;construction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot21.html" rel="tag"&gt;Oppression des femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot24.html" rel="tag"&gt;Psycho-trucs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marre de marre, envie de pousser un gros coup de gueule !
Par o&#249; commencer ? Peut-&#234;tre par l'excellent ouvrage d'Irene Zeilinger, &lt;i&gt;Non c'est non&lt;/i&gt; sur l'autod&#233;fense f&#233;minine... Je l'ai lu en ligne tout cet &#233;t&#233;, petit bout par petit bout, &#233;veillant ma conscience de f&#233;ministe aigu&#235;, qui avait toujours &#233;t&#233; l&#224;, en moi. Ce bouquin est r&#233;ellement &#233;difiant, et m'a permis de prendre conscience de tout un tas de choses que je soup&#231;onnais plus ou moins clairement. Il m'a &#233;galement permis de marcher tranquillement dans la rue, jour et nuit, sans (trop) d'appr&#233;hension, la t&#234;te haute, fi&#232;re d'&#234;tre une femme, que je porte jean de mec ou mini-jupe.
Puis, plus ou moins par hasard je suis retomb&#233;e sur ce site que j'avais d&#233;j&#224; visit&#233; il y a longtemps, sans jamais parvenir &#224; le retrouver. Et, pendant deux semaines, quand j'ai mis mon ordi en veille, je gardais toujours une page de gendertrouble ouverte sur une de mes lectures en cours. Lectures tout autant &#233;difiantes ! &#192; ceci pr&#232;s, que moins th&#233;oriques et plus proches d'un v&#233;ritable v&#233;cu, int&#233;r&#234;t diff&#233;rent mais tout aussi grand.
Tous ces textes m'ont &#233;mue, r&#233;volt&#233;e souvent, fait monter une larme au coin de l'&#339;il parfois, touch&#233;e toujours.
Mais &#231;a fait mal ! Zut alors, me revoil&#224; ramen&#233;e &#224; ma condition de femme, moi qui m'&#233;tait toujours senti-e comme un &#234;tre asexu&#233;-e. Mes gentils parents un peu soixante-huitards avaient bien pris soin de nous &#233;lever ma s&#339;ur et moi plus ou moins hors des codes de binarit&#233; qui r&#233;gissent H&#233;t&#233;roland ! H&#233; oui ma m&#232;re m'a racont&#233; que quand j'&#233;tais une petite larve g&#233;missante elle m'achetait des pyjamas verts, noirs ou orange ! Si c'est pas la classe, subversive d&#232;s la naissance ! Pendant longtemps, je ne me suis pas vue comme d&#233;sirable ou d&#233;sireuse, mais curieusement &#231;a m'allait tr&#232;s bien ! Les relations &#233;taient plus simples.
Mais &#231;a a commenc&#233; &#224; se g&#226;ter un peu plus tard quand au coll&#232;ge, j'ai compris que j'aurais pas de copain si je continuais &#224; &#234;tre agressive ou indiff&#233;rente avec les mecs qui me parlaient/se foutaient de moi, et que je gagnerais au change &#224; &#234;tre douce et souriante et surtout bien rire aux blagues d&#233;biles/sexistes/sexuelles rayez la mention inutile.
Alors c'est ce que j'ai fait ! Bon j'ai pas eu de copain pour autant mais d&#233;j&#224; on se foutait moins de moi, pas mal hein ? Sauf qu'en fait j'&#233;tais en train de ruiner l'&#233;ducation un peu anti-sexiste de mes parents pour &quot;fit in ze group&quot; comme on apprend en anglais (d'ailleurs la pub actuelle de Gap &quot;fit in&quot; me r&#233;vulse !). Bon maintenant &#231;a s'arrange pour moi de ce c&#244;t&#233;-l&#224;, je suis en pleine d&#233;construction des genres, et je me sens bien mieux comme &#231;a.
Pour revenir &#224; &#231;a justement, j'ai bien conscience de l'h&#233;t&#233;ronormativit&#233; d'H&#233;t&#233;roland, j'ai bien conscience que c'est primordial et n&#233;cessaire pour moi-m&#234;me d'op&#233;rer cette r&#233;flexion, mais bon dieu comme &#231;a fait mal ! C'est peut-&#234;tre parce que j'ai peu de personnes dans mon entourage avec qui partager &#231;a, ou alors parce je me rends bien compte que &#231;a rel&#232;ve de l'utopie d'esp&#233;rer un monde o&#249; sexe, genre, orientation sexuelle/affective, binarit&#233; des genres, tout &#231;a sera d&#233;truit et volera en &#233;clats et chacun-e pourra se construire sur des bases saines et siennes. Ce serait tellement beau, je ne peux pas m'emp&#234;cher d'y penser, mais &#231;a me para&#238;t compl&#232;tement surr&#233;aliste. Surtout quand je vois des amies qui ont peur de rentrer seuleS (c'est-&#224;-dire plusieurs filles ensemble) apr&#232;s une f&#234;te, ou une autre amie qui se fait payer tout ce qu'elle veut par son mec, parce que quand m&#234;me faut qu'il fasse profiter de sa thune, parce qu'une pote se demande pourquoi une fille au cheveux courts est toujours per&#231;ue comme lesbienne, parce que les gens lui r&#233;pondent que c'est comme &#231;a, parce que y'en a marre des mecs-relous-qui-t'abordent-dans-la-rue, parce que y'en a marre de me faire mater chelou le jour o&#249; je sors avec mes docs et un collant jaune fluo ! La liste est ind&#233;finie et infinie ...
Pas plus tard que cette apr&#232;s-midi, je regarde tranquillement l'avanc&#233;e de mes ventes sur ebay, dont une chouette minijupe &#224; carreaux style &#233;cossais. L&#224; une meuf m'envoie un mail pour me dire que &#231;a l'int&#233;resse, donc je r&#233;ponds, commence &#224; lui &#233;noncer mes conditions de vente, sauf que l&#224; elle m'envoie une vid&#233;o o&#249; on voit deux pieds de femme assise &#224; une table qui se caresse sexyemment (et j'emmerde google si ce mot n'existe pas alors que le mot emmerde existe !) et la meuf me fait : alors en fait il veut que je m'habille comme une &#233;coli&#232;re sexy pour une photo dans le genre de la vid&#233;o. Bon moi je me dis, tr&#232;s bien, chacun ses petits f&#233;tichismes, je suis tout &#224; fait respectueuse (voire adepte) de tous types de sexualit&#233; tant que cela se passe entre adultes consentants, mais je me demande quand m&#234;me pourquoi elle m'explique &#231;a, je lui ai rien demand&#233;, moi je veux juste vendre ma jupe. ET L&#192; ! De but en blanc, la &quot;meuf&quot; me demande o&#249; j'habite et mon num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone ! Ahhh putain c'est pas vrai (Attention ! Je respecte les prostitu&#233;es), si &#231;a se trouve c'est un sale pervers frustr&#233; sexuel qui vient me faire chier, mais qu'il aille sur meetic ou chatroulette, merde, pas sur ebay quoi ! Bon je fais part de mes doutes et la fille s'offusque un peu, me dit qu'elle veut acheter la jupe et tout, donc je me dis COMME UNE PAUVRE CONNE : non mais tu t'es emport&#233;e trop vite, c'est toutes tes lectures de f&#233;ministe qui te montent &#224; la t&#234;te, &#231;a va pas d'&#234;tre parano comme &#231;a ! Sauf qu'en fait, apr&#232;s quelques messages de plus, je n'ai &#233;videmment pu qu'en conclure qu'il s'agissait bien d'un mec ! &#199;a m'a vraiment foutu les boules, je me suis dit des tas de choses tout &#224; fait m&#233;prisables par rapport &#224; ce type, puis ai d&#233;cid&#233; de laisser tomber et passer &#224; autre chose (mais oui soyons indulgentes avec les hommes, et douces, et patientes, et tendons l'autre joue aussi tant qu'on y est !).
Sauf que non, j'ai soudainement r&#233;alis&#233; qu'il FALLAIT que je lui fasse savoir ma fa&#231;on de penser ! Je lui ai donc envoy&#233; un long mail d'abord plut&#244;t p&#233;dagogique, sauf qu'au fil des mots, toute ma col&#232;re rentr&#233;e depuis si longtemps s'est peu &#224; peu d&#233;vers&#233;e sur les touches de mon clavier. J'ai fini par lui envoyer plusieurs mails insultants et m&#233;prisants et sur le coup, qu'est-ce que &#231;a fait du bien ! (&#233;videmment il n'a pas r&#233;pondu, quel courage, quel virilit&#233; !).
Mais apr&#232;s ma r&#233;flexion d'&#234;tre humain (de femme format&#233;e ?) a repris le dessus et l&#224; je me suis dit que vraiment j'y &#233;tais all&#233;e trop fort, que ce mec ne m&#233;ritait pas que je perde mon temps avec lui, bref ce genre de choses...
&#199;a m'a s&#233;rieusement min&#233; le moral, et la col&#232;re &#233;tait toujours l&#224;, la col&#232;re de savoir que peut-&#234;tre lui est en train de se morfondre un peu (ou de se branler qui sait ?), alors que tous les autres hommes peuvent potentiellement adopter un comportement similaire, c'est-&#224;-dire profond&#233;ment machiste, ne serait-ce que dans l'intention, et que rien ou presque ne me permet d'esp&#233;rer qu'un jour les choses vont finir par s'arranger (un peu).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mon &#233;veil &#224; l'id&#233;e de non-binarit&#233; des genres a d&#233;but&#233; plus t&#244;t, plus pr&#233;cis&#233;ment avec les questions que j'ai commenc&#233; &#224; me poser vers mes 15 ans sur mon orientation sexuelle, pour finalement d&#233;couvrir que j'&#233;tais bi. Je m'exprime au pass&#233; car bien que je pense l'&#234;tre toujours, il me semble que quelque chose a chang&#233;. J'ai compris l'impossibilit&#233; quasi certaine pour moi de construire une relation avec un homme, &#224; moins que celui-ci n'ait profond&#233;ment entrepris de sortir de sa construction sociale masculine, ce qui est bien trop rare et/ou trompeur : un homme, si plein de bonne volont&#233; soit-il, ne se fait jamais siffler et/ou traiter de salope parce qu'il est un peu trop comme ci ou pas assez comme &#231;a. Ce simple constat r&#233;sume tout. J'aime toujours les hommes, leur corps me rend folle, j'appr&#233;cie leur compagnie en tant que potes, mais si je choisis un jour de m'engager dans une relation, &#231;a sera tr&#232;s certainement avec une femme (et/ou un-e trans pour les m&#234;mes raisons).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#199;a fait du bien d'&#233;crire tout &#231;a, r&#233;ellement ; &#231;a faisait un moment que j'y pensais, et j'esp&#232;re que je pourrais avoir des retours, avis et/ou conseils sur ce texte !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Complexualit&#233;</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article183.html</link>
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		<dc:date>2009-08-13T22:09:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>skizz</dc:creator>


		<dc:subject>Oppression des femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Sexualit&#233;s</dc:subject>

		<description>Entre ce que je veux, ce &#224; quoi j'ai droit, celui que je m'accorde, ce qu'il veut lui, ce que je crois que cela implique et le reste. J'ai pas le droit d'avoir envie, de vouloir juste &#231;a. De prendre et de donner du plaisir. De me sentir trembler sous ses caresses, de me cambrer, de suivre ses gestes. J'ai pas le droit de m'oublier, de montrer ce que je suis quand je ne r&#233;fl&#233;chis pas. Pas le droit de soupirer, les yeux mi-clos, la bouche (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot23.html" rel="tag"&gt;Sexualit&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entre ce que je veux, ce &#224; quoi j'ai droit, celui que je m'accorde, ce qu'il veut lui, ce que je crois que cela implique et le reste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai pas le droit d'avoir envie, de vouloir juste &#231;a. De prendre et de donner du plaisir.&lt;br&gt;
De me sentir trembler sous ses caresses, de me cambrer, de suivre ses gestes.&lt;br&gt;
J'ai pas le droit de m'oublier, de montrer ce que je suis quand je ne r&#233;fl&#233;chis pas.&lt;br&gt;
Pas le droit de soupirer, les yeux mi-clos, la bouche entr'ouverte.
D'&#234;tre excit&#233;e quand il me dit &quot;t'aimes &#231;a&quot;, quand j'aime qu'il prenne possession de moi.&lt;br&gt;
Pas le droit de vouloir lui faire plaisir, d'aimer le sentir en moi, le retenir, de diff&#233;rer le moment de l'apoth&#233;ose, de le regarder dans les yeux, au fond de l'&#226;me au moment o&#249; je/il/nous jouit.&lt;br&gt;
Pas le droit de le monter, de le prendre, de me refuser pour mieux lui donner ensuite.&lt;br&gt;
Pas le droit d'en redemander, pas celui de prendre l'initiative, de lui faire comprendre que je n'attend que &#231;a. M&#234;me pas le droit de penser ou de lui dire que je l'aime&lt;br&gt;
... Si on ne se connait pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et quand &#231;a craque, que je crois que je peux faire fi des prescriptions sociales, que je me fous pas mal de ce que les gens pensent que j'ai le droit de faire ou pas, quand je m'octroie le droit de jouir parce que c'est bon, juste pour &#231;a, que l'envie devient trop pressante, que je d&#233;borde de d&#233;sir. Quand il me plait, juste &#231;a, pas de &quot;connections&quot; mentales, d'int&#233;r&#234;ts en communs, pas d'affinit&#233;s-&#233;cran pour les galipettes, juste une histoire &quot;d'envie de toi, maintenant, tout de suite&quot;, un truc sexuel de plaisir purement physique sans chichis. Et quand lui aussi, il a envie de moi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand je fais pas semblant, je deviens chatte, je me permet tout &#231;a et le reste, je nous avoue &#234;tre de chair et de passion (un clich&#233; ?), je suis soumise quand il se veut M&#226;le, coquine ou salope si &#231;a me chante, je prends le contr&#244;le si &#231;a m'excite d'&#234;tre comme &#231;a. Le plaisir d'abord dans ce moment intemporel o&#249; j'ai oubli&#233; le monde, le plaisir d'abord et le reste jamais si possible.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sauf que souvent, apr&#232;s, j'ai pas le droit d'attendre qu'au petit matin, il me regarde avec tendresse, puisse faire la part des choses entre Moi et Moi. Plus le choix d'&#234;tre autre chose que la fille, dans ses yeux, presque lubrique, qui s'est donn&#233;e toute enti&#232;re, sans plus de masque. Quand je jouis, je perds le contr&#244;le et vous aussi. Y'a pas de faux semblant dans l'orgasme, du peu que j'en sais, le corps y est plus fort que la conscience. Alors l'instant d'apr&#232;s, le lendemain, quand l'ordre du monde nous a rattrap&#233;, c'est comme si je n'avais plus le droit de demander &#224; &#234;tre &quot;respect&#233;e&quot;. Et puis parfois, &quot;c'est pas un salaud&quot;, il est tendre et attentif, parfois trop, sa sensibilit&#233; me d&#233;becte. Un mec, &#231;a ne s'accroche pas. Un mec, &#231;a vous prend et &#231;a vous jette, &#231;a s'en va. Ca rappelle pas tout de suite, &#231;a vous fait languir. Un mec au final, &#231;a ne satisfait pas sur tout les tableaux &#224; la fois. Je sais pas ce que je veux, moi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pas tant lui qui induit &#231;a que moi. Je suis l'instrument de ma propre oppression. J'ai beau me pr&#233;tendre lib&#233;r&#233;e, je suis soumise &#224; ce qu'ils ont appel&#233; la Domination masculine, l'ordre des sexes. A l'aube du XXIe si&#232;cle, il n'est rien de plus paradoxal que la sexualit&#233; que l'on nous offre de vivre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis conditionn&#233;e &#224; &#234;tre prude et r&#233;serv&#233;e, &#224; me r&#233;server au bon, celui qui aime, restera, s'occupera des enfants et me traitera comme son &#233;gale. A associer amour et plaisir charnel. A &#234;tre la madone, sinon je serais la putain, le &quot;bout de corps de femme&quot;, &#224; l'image d'un objet de consommation, l'instrument de sa jouissance. Mais j'ai aussi &#233;t&#233; conditionn&#233;e &#224; vouloir jouir envers et contre tout et &#224; offrir le plaisir &#224; celui qui partagerait &#231;a avec moi. Prendre son pied au XXe, c'est pas juste un droit, c'est une exigence, ceux qui ne consomment pas sont des parias. J'ai le droit et le devoir de jouir, merci maman, mais dans un cadre, &#224; un moment, d'une mani&#232;re et avec le partenaire que l'on me prescrit.
Je suis porteuse de ma propre norme, invit&#233;e &#224; d&#233;finir par moi-m&#234;me se dont j'ai envie dans un monde o&#249; le moindre fait ou geste qui sort du cadre de r&#233;f&#233;rence est sujet &#224; critique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lib&#233;r&#233;e, la sexualit&#233; ? Tu parles. Tout juste hypercomplexifi&#233;e...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du Mauve dans un R&#234;ve</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article181.html</link>
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		<dc:date>2009-05-06T15:20:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laura</dc:creator>


		<dc:subject>Relations affectives</dc:subject>
		<dc:subject>Sexualit&#233;s</dc:subject>

		<description>Il fait chaud dehors et beau. Lui est l&#224;, &#224; mater ces films d'horreur. Je les regarde avec lui en attendant de l'avoir dans la bouche mais l&#224; j'en peux plus, j'ai la raie du cul qui transpire et les mains mo&#238;tes. Il faut gongler son ventre et respirer. Bloquer, relacher, expirer. Et merde, je lui demande pourquoi il aime ce cin&#233;ma l&#224; et pourquoi il est doux avec moi : Tu peux pas me brutaliser un peu ? J'vais pas m'briser ! Baise moi pour de vrai ! (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fait chaud dehors et beau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt; Lui est l&#224;, &#224; mater ces films d'horreur. Je les regarde avec lui en attendant de l'avoir dans la bouche mais l&#224; j'en peux plus, j'ai la raie du cul qui transpire et les mains mo&#238;tes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut gongler son ventre et respirer. Bloquer, relacher, expirer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et merde, je lui demande pourquoi il aime ce cin&#233;ma l&#224; et pourquoi il est doux avec moi :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tu peux pas me brutaliser un peu ? J'vais pas m'briser !
Baise moi pour de vrai ! Comme dans tes putains films o&#249; &#231;a cogne !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne reviendrais pas chez toi. Motif : mal bais&#233;e.
J'ai de mauvaises pens&#233;es. J'ai r&#234;v&#233; que je baisais le mur en pensant &#224; ton voisin, le vieux malade du cancer dont tu m' a parl&#233;.
Non, je ne reviendrais plus, je vais garder ma frustration, cette boule de chaleur que je tiens au plus profond de ma chatte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pr&#233;cieux, tr&#232;s pr&#233;cieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce soir, je regarde le soleil passer devant moi, il est rouge. Il passe puis se casse la gueule au loin, l&#224;, derri&#232;re les sales immeubles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La nuit, je r&#234;ve d'une fille qui me fait jouir avec son genou.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Apprendre la vie</title>
		<link>http://www.gendertrouble.org/article179.html</link>
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		<dc:date>2009-05-06T15:19:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laura</dc:creator>


		<dc:subject>Non-mixit&#233;s</dc:subject>

		<description>Paul et Marc sont dans un appartement. Paul apprend &#224; Marc la vie, la vraie. &quot;Tu vas voir, c'est tr&#232;s facile.&quot; (Il lui montre une bouilloire) &quot;&#231;a c'est pour faire chauffer de l'eau, &#231;a s'appelle une bouilloire. Les gens s'en servent pour faire du th&#233;, du caf&#233; pour ceux qu'on pas de cafeti&#232;re...&quot; &quot;Cafeti&#232;re ? C'est quoi &#231;a ?&quot; &quot;On y viendra, t'inqui&#232;te pas. L&#224; on est sur la bouilloire, ok ? Alors, la bouilloire on s'en sert (...)

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&lt;a href="http://www.gendertrouble.org/mot30.html" rel="tag"&gt;Non-mixit&#233;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paul et Marc sont dans un appartement. Paul apprend &#224; Marc la vie, la vraie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Tu vas voir, c'est tr&#232;s facile.&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; (Il lui montre une bouilloire)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;&#231;a c'est pour faire chauffer de l'eau, &#231;a s'appelle une bouilloire. Les gens s'en servent pour faire du th&#233;, du caf&#233; pour ceux qu'on pas de cafeti&#232;re...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Cafeti&#232;re ? C'est quoi &#231;a ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;On y viendra, t'inqui&#232;te pas. L&#224; on est sur la bouilloire, ok ? Alors, la bouilloire on s'en sert aussi pour faire de la pur&#233;e. Comme &#231;a tu t'emb&#234;tes pas avec la bonne vieille casserole. Tu met l'eau dedans et l&#224; t'appuies juste l&#224; sur ce bouton et quand l'eau s'met &#224; bouillir, &#231;a s'arr&#234;te tout seul et apr&#232;s tu peux te servir comme un grand, c'est pas beau non ?!&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &quot;mm, &#231;a para&#238;t simple&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Paul am&#232;ne Marc au toilettes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;&#231;a c'est des toilettes ou des chiottes comme tu veux. C'est l&#224; o&#249; tu fais tes besoins, tu sais quand t'es sur le point de d&#233;mouler un bronze ou faire couler ton litre de bi&#232;re. Alors, tu t'assois (Paul s'assoit pour lui monter) ,tu fais et ensuite quand t'as fini tu prends du papier toilette ( il lui montre bien le rouleau de papier toilette) et tu prends un , deux ou cinq morceaux..&#231;a d&#233;pend de..de ce que tu auras fait couler en fait..et tu t'essuies (il m&#238;me le geste). Ensuite, tu jettes, l&#224;. Tu peux te lever, assure toi d'avoir bien fini surtout ! Et l&#224; t'appuies ici sur ce bouton pour que tout disparaisse. Des fois..&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;C'est quoi &#231;a ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;La chasse d'eau mon pote, &#231;a s'appelle la chasse d'eau. Des fois, tu verras la chasse d'eau c'est pas la m&#234;me, c'est une chaine que tu dois tirer. Des fois, c'est un bouton comme ici et d'autres fois le bouton, il est sur le mur. ALORS ATTENTION ! T'appuies sur le bouton qu'est sur le mur mais un conseil, quand c'est pas tes chiottes &#224; toi, appuie avec ton pied comme &#231;a ( il fiche un bon coup de pied sur le bouton) Et apr&#232;s tu t'laves les mains et tu t'les s&#232;ches surtout, avec ce que tu trouves, du PQ...&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt; &quot;C'est quoi du PQ ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Du papier toilette mec ! ou tu te secoues les mains jusqu'&#224; qu'&#231;a s&#232;che ou sur le bas de ton pantalon ( il m&#238;me le geste),syst&#232;me D mon gars ! Ok ?!&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Ok !&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Compris ?&quot;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&quot;Compris !&quot;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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